Pont-levis

Vendredi 27 décembre 2013

Retour vers les ciels d’Italie, mais du côté des îles, bien plus au sud que Florence, en compagnie du jeune narrateur d’Erri de Luca…

« En septembre, on peut avoir des jours de ciel descendu à terre. Le pont-levis de son château en l’air se baisse et, glissant le long d’un escalier bleu, le ciel vient se poser un moment au sol. A dix ans, j’arrivais à voir les marches carrées que je pouvais remonter du regard. Aujourd’hui, je me contente de les avoir vues et de croire qu’elle y sont toujours. Septembre est le mois des noces de la surface terrestre et de l’espace du dessus éclatant de lumière. Sur les terrasses étagées couvertes de vignes, les pêcheurs font les paysans et récoltent des grappes dans les paniers tressés par les femmes. Avant même de les presser, le jour de la vendange enivre les pieds nus entre les rangées au soleil et l’essaim des guêpes assoiffées. L’île en septembre est une vache à vin. »

 

Erri de Luca, Les poissons ne ferment pas les yeux, Gallimard, « Du monde entier », p. 84-87

Traduction de Danièle Valin.

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