Servante

Mercredi 4 décembre 2013

Phare dans la nuit, la loupiote qui veille sur les théâtres… des guides lumineux, un peu comme les clochers illuminés ?

« Petite lumière discrète dans les entrailles obscures d’un théâtre déserté et silencieux, la servante veille. C’est ainsi qu’on la nomme. Elle veille sur le sommeil des coulisses, sur celui de la scène où les voix se sont tues jusqu’au prochain lever de rideau, sur l’immobilité des décors, la vacuité de la salle où le public a laissé derrière lui une traîne qui flotte au-dessus des fauteuils, une note suspendue, à peine audible, qui peu à peu s’évanouit.

Il me semblait être depuis toujours la servante de mon théâtre intime. Les voix m’accompagnaient, les décors me hantaient, et dans les coulisses où je tentais de me frayer un chemin pour fuir, je croisais les visages sans fard, les corps sans oripeaux qui n’entreraient plus en scène et continuaient cependant de jouer leur comédie et la mienne, derrière le rideau. »

 Michelle Lesbre, La petite Trotteuse, Sabine Wiespeser, p. 177

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