Secret

Lundi 16 juillet 2012

Les vacances approchent, c’est l’heure  des redécouvertes et des nouvelles lectures, des cabanes et des siestes, des secrets qui s’y murmurent à l’ombre de la couverture.

Avant de partir, un petit texte de Paule du Bouchet, oublié au fond du cahier.

Ma mère possédait en propre une aptitude au secret, singulièrement raffinée, laquelle se rapprochait chez elle de l’acception la plus accomplie du mot, le sens du mystère. Dans le même temps, elle restait une grande et droite nature. Alchimie rare entre toutes, haut lieu de son intimité, c’était là sa part infiniment poétique. Celle qui l’a fait aimer des poètes. Son père en tout premier lieu, si tendrement. Le mien. Et puis René Char.

Elle a aimé depuis ce lieu retiré, elle a su aimer à la hauteur de ce retrait. Elle était comme la sibylle. Elle savait et elle fermait les yeux. Elle fermait les yeux et elle voyait plus loin. Il la savait en ce lieu-là, à hauteur de poème. Il n’a cessé d’en être bouleversé.

Paule du Bouchet, Emportée : récit, Actes Sud, p. 47-48

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