Apprivoiser

Lundi 26 mars 2012

Et un dernier petit voyage algérien avant de rentrer… la boucle est bouclée…

Comment se séparer ?

Tout le temps où je vivais en Algérie mon pays natal je rêvais d’arriver un jour en Algérie, je poursuivais l’Algérie et elle n’était pas loin, j’habitais d’abord à Oran puis à Alger au Clos-Salembier au bord du Ravin de la Femme Sauvage et elle m’échappait sur sa terre sous mes pieds elle me restait intouchable, je me serrais contre le corps d’Aïcha et elle me laissait serrer son pays en riant pendant un mince instant sans suite autre que les centaines de portes qui par delà le grillage du jardin tournaient vers mon frère et moi leurs paupières baissées.

Le plus insupportable c’est que nous étions assaillis par les êtres mêmes que nous voulions aimer, dont nous étions lamentablement amoureux, auxquels nous étions liés par toutes les parentés de destin, de mémoire, de toucher, de goût, il y avait cette erreur et confusion de tous les côtés je voulais être de leur côté mais c’était un désir de mon côté de leur côté le désir étant sans côté, je pouvais passer des heures accroupie à quelques mètres d’eux sans bouger, espérant démontrer mes bonnes intentions, une patience que je n’eux jamais avec le camp des Français. Moi, pensais-je, je suis inséparabe.

 

Hélène Cixous, Les rêveries de la femme sauvage : scènes primitives, Galilée, quatrième de couverture

 

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