Photo

Lundi 23 janvier 2012

C’est suite au travail de Vincent Josse et surtout à l’exposition que la MEP lui a consacré que je me suis intéressée et plongée dans l’œuvre d’Hervé Guibert. Passer de la voix, de la radio aux images, et des photos à l’œuvre écrite… Et retrouver la même émotion.

La photo qu’un autre que moi pourrait faire, qui ne tient pas au rapport particulier que j’ai avec tel ou tel, je ne veux pas la faire.

(…)

Interdiction de prendre des photos : la photo (certaine photo qui échappe à la photo de monument ou à la photo de famille) semble être une pratique perverse, scandaleuse.

(…)

J’ai pourtant un plaisir très vif, soudain, à photographier deux petits garçons qui se battent de chaque côté d’une grille puis descendent un escalier : quel droit le photographe a-t-il de cette appropriation ? Il effleure son sujet, il le braque puis il le « remercie » et si le sujet venait à lui courir après, non pas pour lui réclamer le film, mais pour poursuivre ce rapport, je suis sûr qu’il en serait incommodé. Mais là les deux garçons me sourient, je leur souris, et il me semble qu’à travers cet échange de sourire, et aussi le fait que je prenne la peine de les voir (et de « dépenser » quelque chose pour eux même si rien probablement ne doit leur en revenir), il se passe un vrai rapport…

(…)

La photo est aussi un outil d’espion, de détective : c’est peut-être aussi pour ça que les gens s’en méfient.

Hervé Guibert, Le mausolée des amants, Journal 1976-1991,

Gallimard, « Folio », p. 27, 96-97, 102.

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