Rêve

Mardi 6 décembre 2011

Parmi mes premiers « passages » vers la poésie, il y a  un recueil de comptines qui m’a été offert toute petite. Et il y a surtout deux merveilleux cahiers de poésie des premières années d’école, où ce n’était pas parce qu’on était petit qu’on nous donnait des textes niais : les grands noms s’y croisent : Queneau, Guillevic, Prévert, Roy, Desnos… et Obaladia

Le secret

Sur le chemin près du bois

J’ai trouvé tout un trésor

une coquille de noix

Une sauterelle en or

Un arc en ciel qu’était mort.

A personne je n’ai rien dit

Dans ma main je les ai pris

Et je l’ai tenue fermée

Fermée jusqu’à l’étrangler

Du lundi au samedi.

Le dimanche l’ai rouverte

mais il n’y avait plus rien

Et j’ai raconté au chien

Couché dans sa niche verte

Comme j’avais du chagrin.

Il m’a dit dans aboyer :

« Cette nuit, tu vas rêver. »

La nuit, il faisait si noir

Que j’ai cru à une histoire

Et que tout était perdu.

Mais d’un seul coup j’ai bien vu

Un navire dans le ciel

Traîné par une sauterelle

Sur les vagues d’arc-en-ciel !

René de Obaldia, Innocentines

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s