Cuisine de fée

Lundi 24 octobre 2011

Tant que nous sommes versés dans les évocations féériques… Nouvel extrait de Vango, où il est question du talent de cuisinière de Mademoiselle : une petite lecture gourmande

Mademoiselle était une magicienne de la cuisine.

Sur son petit fourneau de pierre, au bord de cette île perdue en Méditerranée, elle faisait chaque jour des merveilles qui auraient fait pleurer les gastronomes des plus grandes capitales. Au fond de ses poêles profondes, les légumes faisaient une danse ensorcelante dans des sauces dont l’odeur montait à la tête et à l’âme. Une simple tartine de thym devenait un tapis volant. Les gratins vous tiraient des larmes alors que vous n’aviez pas encore passé le pas de la porte. Et les soufflés… Mon Dieu. Les soufflés seraient allés se coller au plafond tant ils étaient légers, volatils, immatériels. Mais Vango se jetait dessus avant qu’ils s’évaporent.

Mademoiselle préparait des soupes et des feuilletés impossibles. Elle faisait lever à la main des mousses aux parfums interdits. Elle servait le poisson dans des jus noirs au goût d’herbes inconnues qu’elle trouvait entre les pierres.

Timothée de Fombelle, Vango : Entre ciel et terre (tome 1), Gallimard jeunesse

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