Dernière averse

Lundi 15 août 2011

La pluie, la mélancolie… et pourtant les sons si doux de ces deux mots n’ont rien de l’oppression de la tristesse, mais une sorte de douceur musicale, comme le clapotis de l’eau sur le toit de la tente, ou de la cabane d’enfant. Ils invitent à la rêverie, aux souvenirs… Des poèmes appris dans l’enfance dont je n’arrive pas bien à discerner si je les aime pour eux-mêmes ou justement parce qu’ils ont ce goût des mots murmurés dans le secret de l’apprentissage… Toujours est-il que ces poèmes ont leur place ici puisqu’ils font partie des textes qui m’accompagnent.

Il pleut doucement sur la ville
(Arthur Rimbaud)

Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville,
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur?

O bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits!
Pour un cœur qui s’ennuie
O le chant de la pluie!

Il pleure sans raison
Dans ce cœur qui s’écœure.
Quoi! nulle trahison?
Ce deuil est sans raison.

C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine,
Mon cœur a tant de peine !

Paul Verlaine, Romances sans paroles, 1874

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