Bérénice, 1

Mardi 7 décembre

J’ai un petit souci en littérature : je suis amoureuse de toutes les Bérénice qui s’y promènent. Pour dire vrai, le prénom même me séduit, mais les femmes qui le portent aussi. J’inaugure ici une petite série-échantillon de ma collection, avec Verlaine.

La princesse Bérénice

 

Sa tête fine dans sa main toute petite,

Elle écoute le chant des cascades lointaines,

Et, dans la plainte langoureuse des fontaines,

Perçoit comme un écho béni du nom de Tite.

 

Elle a fermé ses yeux divins de clématite

Pour bien leur peindre, au cœur des batailles hautaines

Son doux héros, le mieux aimant des capitaines,

Et, Juive, elle se sent au pouvoir d’Aphrodite.

 

Alors un grand souci la prend d’être amoureuse,

Car dans Rome une loi bannit, barbare, affreuse,

Du trône impérial toute femme étrangère

 

Et sous le noir chagrin dont sanglote son âme,

Entre les bras de sa servante la plus chère,

La reine, hélas ! défaille et tendrement se pâme.

 

Jadis et Naguère, « À la manière de plusieurs », Paul Verlaine

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s